Un après-midi à Mollat...
On ne présente plus Mollat, la grande et célèbre librairie bordelaise à l’angle de la rue Porte Dijeaux et de la rue Vital-Carles. Un temple de culture incontournable pour les amoureux du livre, qui se délectent des dernières sorties littéraires.
Des milliers de phrases s’entassent sur les lourdes étagères où reposent des ouvrages de maîtres qui ne demandent qu’à être lus… ou écoutés !
Un bouquin dans la chaîne Hi-Fi
C’est près du rayon Musique de la librairie que je découvre le coin audio. Plus d’une centaine de grandes oeuvres s’alignent ici, mais pas des « pavés » : la finesse surprend. Il s’agit de livres audio, des CDs qui contiennent le récit d’un professionnel qui conte pour le plus grand plaisir des oreilles de nouveaux romans et de grandes œuvres de la littérature.
Car les non-voyants ont eux aussi droit à la culture. La littérature s’adapte à tous, et aujourd’hui Hugo, Dumas, Pagnol, Montaigne et Voltaire s’écoutent. Dans ce coin audio Les enfants de la liberté de Marc Lévy côtoient La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette de Stieg Larsson, ainsi que Bonjour tristesse de Sagan ou encore les Poésies du grand Rimbaud, Ensemble c’est tout d’Anna Gavalda, La vie devant soi de Romain Gary et Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, pour citer quelques-uns des plus célèbres.
Unique en son genre, un livre audio où Fabrice Luchini nous récite 17 fables de La Fontaine. Les esprits spirituels seront heureux de s’entendre conter la Bible ou le Coran.
On retrouve ce même concept au rayon junior, avec les récits de bandes dessinés ou des plus grands Disney.
Plus besoin de loupe !
Plus loin, dans le royaume de la Littérature pure et dure, une petite étagère, peut-être trop petite, fait l’angle tout près de la porte d’entrée. En haut, un écriteau : Gros caractères. Les malvoyants trouveront ici une lecture adaptée à leur handicap. Une soixantaine d’ouvrages (seulement) les attendent, dont Lambeaux de Charles Juliet, Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus de John Gray, ou encore Les drames de la mer d’Alexandre Dumas et Mon père, ce géant de Charles Aznavour.
Au-delà du handicap
Ma balade au fil de la librairie continue, et me voilà rendue au rayon Sciences Humaines. C’est sur l’étagère Santé et Société que je découvre dans un coin minuscule et bien caché le thème « Handicap et société ». J’y trouve de très bons livres riches en conseils, à l’approche plutôt médicale, qui s’adressent plus particulièrement à l’entourage des personnes handicapées, à leurs familles. Une trentaine d’ouvrages abordent ici les sujets de l’aide et de l’accompagnement dans le handicap, tous handicaps confondus, dont bien sûr la cécité et la déficience visuelle.
Pour en citer quelques-uns : Handicaps, paroles de frères et soeurs de Maria Garnier, et Naître ou devenir handicapé de Charles Gardo.
Le coup de coeur
J’arrive où je suis étranger, de Jacques Sémelin. Éditions du Seuil, Paris.
Résumé :
« Pendant près de quarante ans, Jacques Sémelin a vécu, au sens strict, un voyage vers la nuit. Universitaire et chercheur internationalement reconnu, il a affronté une maladie incurable qui allait le condamner à une cécité complète avant la cinquantaine. Il en avait à peine seize quand il apprit qu’il ne verrait plus. Sous sa plume, cette avancée vers la nuit devient une incroyable victoire. »
Un très beau récit autobiographique sur la cécité au rayon Sciences Humaines, étagère Santé et Société, thème Handicap et Société chez Mollat.



