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« Welcome to Mali »

Fini l’acoustique, bonjour l’électronique ! Le décor change, mais l’invitation est la même. Amadou et Mariam nous livrent une nouvelle page de leur histoire. L’occasion pour nous de revenir sur le parcours atypique d’un couple et de chanter avec eux sur les tonalités métissées de leur dernier album.

La couverture du nouvel album d´Amadou et Mariam

Élargissement des horizons musicaux

Dans les bacs depuis novembre, l’album détonne, interpelle. Rien de nouveau sur le fond. Le partage, l’amour, la tolérance sont au rendez-vous. Des mots qui résonnent, une voix poignante, un guitariste hors pair, bluesman à ses heures, un savoureux mélange qui réussit au niveau international depuis 2004 et l’album « Dimanche à Bamako ». Pourtant, plus de Manu Chao à la production, mais le fruit d’une multitude de rencontres. Matthieu Chedid, Juan Rozoff, K’Naan et enfin Keziah Jones métissent un album aux accents résolument british. L’enivrante mélancolie sentimentale, la délicate attention tolérante, le profond engagement pacifique se présentent dans un écrin plus sucré, plus pop, londonien dans son intégrité. Un son alternatif, européanisé autour de créatifs influents comme Damon Albarn et ses claviers psychédéliques. Un son qui sonne comme un lien vers de nouvelles envies, de nouvelles perspectives.

Amour, patience, bonne humeur...

L’union est belle, dure depuis la fin des années 70 et une rencontre évidente à l’Institut des jeunes aveugles de Bamako. Mariam a fait ses gammes sur la route, dans les plus fameux festivals maliens. Amadou a révisé son solfège et nourri un sens du partage sans limite dans l’une des meilleures formations d’Afrique de l’Ouest, au sein des Ambassadeurs du Motel de Bamako. Dès lors tout n’est qu’amour et patience. L’amour d’une femme, d’un homme, d’un pays, d’une musique main dans la main. L’invitation est belle, dansante. Progressivement, elle gagne l’Europe, puis traverse l’Atlantique. Touché, Manu Chao s’invite, échange, apporte sa patte. L’album sonne l’Afrique, chante l’espoir d’un continent. L’immense succès qu’il génère propulse le couple sur le devant de la scène en 2004.

Patient donc… et désespérément uni ! Pas d’Amadou sans Mariam ! Ils ne se quittent jamais, fidèles à leurs paroles tout comme à leurs racines. La bonne humeur est palpable, envahissante. Alors si ici, le cadre est plus funky, l’envie est identique. Le 6ème album est la conséquence du précédent. Le métissage musical est intense. Illustration parfaite d’un partage vécu, il respire l’intégrité.

... et renouveau

Désormais, avec des titres comme « Sabali », le couple bascule dans une nouvelle ère. Témoin d’une Afrique qui réussit, il met en lumière un amour au parcours atypique. Du handicap à la scène, du Mali à l’Europe, puis au monde. Le djembe s’atténue et laisse place à des sons plus techniques, aux inspirations plus variées. Subtil mélange culturel, « Welcome to Mali » sort des sentiers battus et apporte une dose de couleur à une scène musicale ternie par la monotonie.

Ludovic LACROIX